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Le plat préféré de ma sœur

Ça ne devrait plus être un secret pour personne—du moins pour les lecteurs qui suivent La cuisine bleue depuis le début—que ma famille raffolait des spaghettis quand ma sœur et moi étions petits. Si j’ai déjà établi précédemment que mon plat d’enfance favori était le spaghetti brun, ma sœur, pour sa part, avait jeté son dévolu sur une autre recette : les spaghettis aux boulettes. C’est cette recette que je vais vous présenter aujourd’hui.

« Spaghettis aux boulettes » constitue le nom standard, au Québec, de ce plat de pâtes servies avec une sauce tomate garnie de petites boulettes de viande hachée. Une recette italianisante classique servie dans presque toutes les familles d’Amérique du Nord. Ce n’est pas de ce plat dont je parle. Nous n’en mangions pas. Le plat qui fait l’objet de la publication d’aujourd’hui est très différent. Dans ma famille, on l’appelait vulgairement spaghettis aux boules. Nous gardions le nom plus standard pour la recette décrite plus tôt.

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Chez nous, l’appellation « spaghetti aux boules » se référait à une variante beaucoup plus industrialisée et vintage du même plat. Pour ma mère, ma sœur et moi, quand on parle de ça, on parle de spaghettis servis dans une sauce à base de crème de tomate condensée en boîte de la célèbre marque dont on trouve à Gatineau une œuvre d’art en son honneur. Le plus drôle, c’est que le plat n’est même pas servi avec des boulettes. Ma mère y ajoutait plutôt ce que les gens de la génération de ma grand-mère appelaient des « plorines » ou « pleurines », c’est-à-dire des galettes de viande hachée, comme pour un hamburger steak. C’est donc cette recette que je vais préparer.

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C’était donc ça le plat préféré de ma sœur. Elle le demandait sans faute pour chacun de ses anniversaires, comme Maman avant elle le demandait à Mamie. Je dois dire que c’est un plat que moi aussi j’affectionne particulièrement. Par contre, John n’en est pas très friand, alors je ne le prépare pas régulièrement.

De nos jours, il faut dire que ma sœur et moi le cuisinons de façon légèrement différente à celle de maman. Ma sœur a décidé que l’erreur de nomenclature s’arrêtait à elle : elle prépare le plat en faisant de véritables boulettes dont elle termine la cuisson dans la sauce pour lui donner plus de goût. J’ai trouvé que c’était une excellente idée alors je l’ai imitée. Pour ma part, j’utilise régulièrement de la soupe moins bas de gamme que la Campbell’s ou la Aylmer. Je la fais souvent avec celle de marque Amy’s.

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Cela dit, je n’utiliserai pas de soupe en boîte aujourd’hui. Comme j’ai fait une batch géante de potage de tomates au basilic et au brie, cette fois-ci, c’est ce que j’ai utilisé. Il s’agit d’un excellent moyen de passer les restants de cette soupe si, comme moi, vous en avez trop fait et que votre congélateur déborde.

Puisqu’il s’agit d’une recette familiale dont, somme toute, nous connaissons très peu de choses de ses origines, sinon qu’elle vient probablement d’une brochure publicitaire des cuisines Campbell’s, nous nous passerons de cette section aujourd’hui. Je la réserve pour quand je préparerai de véritables spaghetti con le polpettine.

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La recette

Spaghettis aux boulettes

Pour 4 à 5 personnes - Préparation : 15 min. - Cuisson : 45 min.

Ingrédients

  • 500 g (1 lb) de bœuf haché maigre (je vous déconseille l’extra-maigre) ;
  • 1 oignon, émincé ;
  • Sel et poivre du moulin, au goût ;
  • 2 c. à soupe de beurre ;
  • 1,1 l de restes de soupe aux tomates maison OU 2 boîtes (284 ml chacune) de crème de tomates condensée et 2 boîtes d’eau ;
  • 500 g (1 lb) de spaghettis.

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Préparation

  1. Émincez l’oignon finement.
  2. Dans un bol, mélangez à la main l’oignon, le bœuf haché, le sel et le poivre. Façonnez en 12 boulettes de taille égale. Réservez.
  3. À feu vif, faites chauffer une grande poêle ou une sauteuse pouvant contenir toutes les boulettes, ajoutez le beurre. Lorsqu’il a terminé de chanter, placez-y les boulettes et faites-les frire sur toutes leurs faces jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées. Réservez.
  4. En laissant le gras et tous les sucs collés au fond de la poêle, versez-y toute la crème de tomates condensée et l’eau ou la soupe maison. Déglacez en grattant bien le fond pour dissoudre les sucs de cuisson collés. Portez à ébullition.
  5. Remettez les boulettes dans la sauce ainsi obtenue et faites mijoter à feu doux environ 30 min. pour terminer la cuisson des boulettes.
  6. Pendant que les boulettes terminent de cuire, portez une grande marmite d’eau salée à ébullition et faites-y cuire les spaghetti selon les instructions du fabricant. Lorsque les pâtes sont cuites, égouttez-les et unissez-les à la sauce. Rectifiez l’assaisonnement.
  7. Servez dans des bols à pâtes chauds.

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Notes

Malgré les origines modestes et prolétariennes de cette recette, dans ma famille, elle fait partie du nombre très restreint de celles qui ont le droit d’être présentées dans un beau grand plat de service. Placé au milieu de la table, à la bonne franquette, le souper devient soudainement très festif! Pour ce faire, versez les spaghetti dans le plat, arrosez-les uniquement avec la partie liquide la sauce, puis arrangez les boulettes joliment par-dessus l’ensemble. Chez nous on sert ce plat tout nu, tel quel, mais vous pouvez garnir vos assiettes de parmesan râpé.

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Bon appétit!