Soupe aux gourganes très nourrisante

2026-08-10

Une soupe ancestrale, anti-gaspi, estivale et presque végétarienne!

Préparation 1 h
Cuisson 2 h 05
Temps total 3 h 05
Portions 8 à 10
Difficulté Facile
Cuisine Jeannoise
Soupe repas 4 ℓ
Voir la recette ↓

Soupe aux gourganes très nourrisante

Une soupe ancestrale, anti-gaspi, estivale et presque végétarienne!

Soupe aux gourganes très nourrisante
Préparation
1 h min
Cuisson
2 h 05 min
Temps total
3 h 05 min
Portions
8 à 10
Rendement
4 ℓ
Difficulté
Facile

Ingrédients

  • 4-5 ℓ d’eau ;
  • 1 ℓ de gourganes écossées ;
  • 2 t. de fanes de carottes, émincées ;
  • 2 t. de fanes de betterave ou de bette à carde, émincées ;
  • 2 t. de feuilles de chou, émincées ;
  • 1 t. de navet blanc, en dés ;
  • 1 t. de pois verts (mange-tout?), émincées ;
  • ½ t. de lard salé blanc, en dés ;
  • ½ t. de beurre ;
  • 1 gros oignon, haché fin ;
  • Sel et poivre, au goût.

Préparation

  1. Écossez les gourganes.
  2. Dans une grande marmite d’eau bouillante, faites blanchir les gourganes pendant 5 min. et égoutter.
  3. Les remettre dans 4-5 ℓ d’eau et faites bouillir lentement pendant 2 h.
  4. Pendant ce temps, coupez tous les autres ingrédients. Réservez ensemble les 5 premiers légumes (fanes de carottes et de betterave, le chou, le navet et les pois) dans un bol et dans un autre l’oignon et le lard salé.
  5. Env. 30. avant la fin de la cuisson des gourganes, dans une casserole d’eau bouillante, faites blanchir les 5 légumes du premier bol. Égouttez puis ajoutez-les à la marmite de gourganes. Laissez mijoter 30 min.
  6. 10 à 15 min. avant la fin de la cuisson de la soupe, dans une petite poêle à fond épais, faites revenir le lard dans le beurre jusqu’à qu’il ait rendu son saindoux et que les morceaux soient dorés.
  7. Ajoutez l’oignon haché et continuez de faire revenir jusqu’à ce qu’il soit doré. Versez le tout sur la soupe et mélangez. Rectifiez l’assaisonnement.
  8. Servez la soupe, brûlante, avec du pain et du beurre.

Note

Avec son bouillon très minimaliste, cette recette est une bonne candidate pour une cuillère d’herbes salées ou au moins un petit bouquet de sarriette d’été. Je vous conseillerais également de la préparer avec [un bon bouillon de légumes maison](http://lacuisinebleue.com/recettes/bouillon-de-legumes/) bien riche plutôt que simplement de l’eau.

La cuisine bleue — lacuisinebleue.com

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Un plant de gourganes en fleurs dans mon jardin.

Sommaire

C’est la saison des gourganes

La recette d’aujourd’hui, vous l’aurez deviné, sera une soupe aux gourganes. Vous verrez par contre qu’elle est très différente des autres, comme celle que j’ai déjà publiée il y a quelques années. Elle me vient du côté paternel de la famille de ma mère, une famille d’agriculteurs.

Cette soupe est assez particulière. D’abord, elle est pratiquement végétarienne — chose plutôt rare dans ma famille et au Lac-Saint-Jean en général! Elle ne contient que des légumes, pas même de bouillon de viande. Et quels légumes! Fanes de carottes et de betteraves, feuilles de chou, pois, navet : on y mettait généreusement les verdures du jardin, y compris celles qu’on enverrait aujourd’hui au compost après avoir gardé le « vrai » légume. Une soupe anti-gaspi avant l’heure, donc, et très économique… mais enrichie d’une bonne quantité de beurre et de lard, histoire de donner à une famille d’agriculteurs en pleine récolte toute l’énergie nécessaire pour passer à travers sa journée!

La recette emploie aussi une technique plutôt inusitée en cuisine québécoise. Plutôt que de faire mijoter le lard salé avec les gourganes, mon arrière-grand-mère le faisait frire dans du beurre avec de l’oignon pour en garnir la soupe terminée. Une méthode qui n’est pas sans rappeler la tadka indienne ou la taqliyé arabe, où l’on fait frire des aromates dans l’huile ou le beurre clarifié avant d’en garnir un plat mijoté.

L’arrière-grand-mère fantôme

IMG_0278.jpeg Léontine (la grande femme à lunettes à droite) avec sa famille et le curé du village autour des années 1950. Mon grand-père, Rémi (Papi), est à gauche.

Généralement, quand il est question de cuisine et de souvenirs d’enfance chez nous, surtout quand ma mère et mon parrain sont là, il s’écoule très peu de temps avant que quelqu’un mentionne une femme mystérieuse du nom de Léontine Savard ou Grand-M’man Potvin. Elle était la grand-mère de ma mère. La mère de son père, mon Papi. Quand on parle de bouffe, son spectre n’est jamais bien loin. Elle est là et elle écoute.

Ma mère a passé une bonne partie de son enfance chez sa grand-mère Léontine, qu’elle appelait simplement « Grand-M’man Potvin ». Aussitôt qu’elle a su marcher, elle s’est mise à traverser la rue pour aller chez elle, heureuse sans doute de trouver un peu de calme loin de la maison familiale toujours pleine de monde. Grand-M’man Potvin était pourtant loin d’être une grand-mère gâteau. Petite femme que maman, avec ses yeux d’enfant, trouvait immense, elle était sévère, très chiâleuse et avait, paraît-il, l’air perpétuellement fâché. « Pas endurable », dit encore maman avec toute l’affection du monde.

Elle n’était pas particulièrement démonstrative non plus, mais maman avait un lien affectif très fort avec et avait droit à quelques privilèges. Elle dormait avec elle dans son lit et, lorsqu’une émission intéressante passait trop tard à la télévision, Grand-M’man Potvin la laissait parfois se relever pour l’écouter. Elle la berçait, lui donnait des becs mouillés et, le soir, lui entortillait des linges dans les cheveux pour qu’elle se réveille frisée le lendemain. Quand Matante Marguerite — « Matamagrite » pour les intimes — devait s’absenter, maman restait avec sa grand-mère pour lui tenir compagnie.

Mais c’est surtout dans la cuisine que maman aimait l’observer. Elle pouvait rester là à la regarder faire de la pâte et préparer les repas, et c’est probablement auprès d’elle qu’elle a appris une partie de ce qu’elle sait aujourd’hui. Grand-M’man Potvin l’envoyait aussi faire ses commissions chez Delaunière, notamment chercher ses Instantines pour l’arthrite. Et il arrivait que la cuisine fournisse elle-même quelques aventures : un jour que sa cousine Nathalie était venue avec Tante Claudette, Grand-M’man Potvin avait préparé une sauce barbecue (très similaire à celle-ci publiée avec ma recette de poulet frit) et l’avait laissée dans sa desserte. Les deux cousines l’ont trouvée et ont mangé, à elles seules, toute la sauce.

« J’ai passé toute mon enfance là », résume maman. Malgré son air toujours fâché, ses chiâlages et son caractère pas toujours commode, Grand-m’man Potvin était pour elle quelqu’un de spécial. C’est auprès d’elle qu’elle a pris goût à la cuisine et appris à faire à manger — ce qui est assez ironique quand on sait que, devenue adulte, maman n’a jamais particulièrement aimé cuisiner.

IMG_0267.jpeg Léontine Savard, Grand-M’man Potvin en 1982.

Personnellement, je ne l’ai jamais connue. Elle est décédée en 1982, quelques années avant ma naissance. C’était l’année du 100e anniversaire de fondation de mon village, Lac-Bouchette et cette année elle était aussi l’une des doyennes du village. Pour l’occasion, notre local du Cercle des Fermières avait publié un recueil de recettes communautaires. Juste avant sa mort, les Fermières avaient eu le temps de demander à Léontine sa célèbre recette de soupe aux gourganes, qu’elle leur a léguée volontiers.

IMG_0309.jpeg Le défilé du 100e du village, avec ses flamboyants chars allégoriques, passe devant la maison de Léontine.

Il y a quelques années, pendant la pandémie, j’étais en visite chez ma mère et je fouillais partout dans ses livres et ses papiers à la recherche de trésors culinaires régionaux et familiaux pour alimenter ce site et je suis tombé par hasard sur cette recette. Normalement, je ne l’aurais pas lue, ni même remarquée, car, comme vous savez, j’avais déjà une excellente recette de soupe aux gourganes. Je ne sais pas si c’est sa mise en page peu orthodoxe ou si une force extérieure m’a poussé à la lire attentivement (le spectre de Léontine peut-être?), mais j’ai remarqué le nom en signature et j’ai su que j’avais là exactement le petit trésor gastronomique que je cherchais!

FB_IMG_1598284202083.jpg Le manuscrit original de la recette tapé à la dactylo.

Puisque mon autre soupe aux gourganes contient déjà un historique détaillée de cette légumineuse, aujourd’hui, on peut passer tout de suite à la recette!

La recette

Soupe aux gourganes très nourrissante

Une recette de mon arrière-grand-mère Léontine Savard

Pour 8 à 10 personnes - Préparation : 1 h - Cuisson : 2h05

Ingrédients

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Préparation

  1. Écossez les gourganes.
  2. Dans une grande marmite d’eau bouillante, faites blanchir les gourganes pendant 5 min., puis égouttez-les.
  3. Remettez-les dans 4-5 ℓ d’eau et faites bouillir lentement pendant 2 h.
  4. Pendant ce temps, coupez tous les autres ingrédients. Réservez ensemble les 5 premiers légumes (fanes de carottes et de betterave, le chou, le navet et les pois) dans un bol et dans un autre l’oignon et le lard salé.
  5. Environs 30 min. avant la fin de la cuisson des gourganes, dans une casserole d’eau bouillante, faites blanchir les 5 légumes du premier bol. Égouttez puis ajoutez-les à la marmite de gourganes. Laissez mijoter 30 min.
  6. 10 à 15 min. avant la fin de la cuisson de la soupe, dans une petite poêle à fond épais, faites revenir le lard dans le beurre jusqu’à ce qu’il ait rendu son saindoux et que les morceaux soient dorés.
  7. Ajoutez l’oignon haché et continuez de faire revenir jusqu’à ce qu’il soit doré. Versez le tout sur la soupe et mélangez. Rectifiez l’assaisonnement.
  8. Servez la soupe, brûlante, avec du pain et du beurre.

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Notes

Au goût d’aujourd’hui, cette recette peut paraître plutôt fade. Cela dit, la variété de légumes-feuilles apporte énormément de saveur et de parfum à cette soupe et la gourgane elle-même est une légumineuse très goûteuse. Je vous suggérerais donc de limiter vos ajouts d’assaisonnements. Par contre, je suis d’avis que cette recette est une bonne candidate pour une cuillère d’herbes salées ou au moins un petit bouquet de sarriette d’été. Je vous conseillerais également de la préparer avec un bon bouillon de légumes maison bien riche plutôt que simplement de l’eau.

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Bon appétit!